le 21/07/2017

 

Sociétés traditionnelles ancestrales, Turcs, Mongoles, Amérindiens, célèbres pour cette pratique, donnaient une grande place au végétal pour édifier leurs lieux de vie et conserver la fraîcheur de leur habitat, en été… Quasiment abandonnée en France, la construction végétalisée est réapparue en 1970, avec l’arrivée des membranes d’étanchéité et de mélanges terreux allégés.

Le «toit vert» :

des jardins suspendus de Babylone (700 ans avant JC)
aux membranes d’étanchéité (1970)…

Les toitures végétalisées en île de France sont aspirées par le mouvement qui se dessine en faveur du « toit vert ». Pour certains, la toiture végétalisée est une éventualité sympathique, esthétique, originale ; mais pour d’autres, c’est une affaire sérieuse : la construction végétalisée devient une forte préoccupation environnementale (écologie, isolation, économies, confort, etc.).

 

Sur une terrasse pose de la végétalisationLes toitures végétalisées
une forte préoccupation environnementale

En matière de «toits verts», nous sommes devancés par nos voisins européens : Pays-Bas, Pays Scandinaves, Allemagne (où l’utilisation du végétalisé est encouragée par les villes et les lander). En France, on s’y met… La région Ile de France subventionne les toitures végétalisées à hauteur de  20 € du m2 (renseignements à prendre auprès des administrations concernées : mairie, département, région...). Selon le CTSB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), on installe 200 000 mètres carrés de toiture végétalisée chaque année, avec une perspective d’évolution annuelle de 15 à 20%.

 

Une évolution prévisible
de 15 à 20 % par an

Alternative aux toits classiques, cette technique offre, pour les maisons individuelles, de grandes qualités esthétiques (apport végétal et changement d’aspect au gré des saisons) mais les gros avantages qu’elle apporte sont, sans conteste, environnementaux. Ses performances acoustiques, thermiques  et écologiques, en font un outil d’avenir.

Lutte contre les effets du réchauffement climatique
et contre les pollutions

La lutte contre les effets du réchauffement climatique et ses dérèglements, avec les phénomènes extrêmes provoqués, conduira à des politiques de prévention. L’amélioration et la sévérité des normes de construction vont s’accentuer. Les toits verts et les murs végétalisés font partie de ce combat et sont destinés à jouer un rôle important. L’intégration des plantes vivantes dans notre environnement construit c’est une manifestation de la démarche écologique réparatrice et constructrice.

 

Confort et biodiversité en ville

Le confort est sensiblement amélioré grâce à l’inertie thermique de la toiture végétale et des économies de chauffage sont réalisées. Les avantages de ce développement de la biodiversité en ville, sont très positifs avec notamment l’atténuation des îlots de chaleur urbaine. A titre indicatif (aucune étude n’ayant encore été menée en France sur ce sujet), le ministère canadien de l’environnement estime qu’une végétalisation de 6% de la surface de toit disponible pourrait faire baisser, en été, les pics de température, à Toronto de 1 à 2°C… ce qui permettrait les jours de canicule, une baisse de 5% de la demande d’énergie.
AssembVeget

Plus frais l’été, plus chaud l’hiver

Le toit végétalisé apporte nombre de qualités techniques qu’un toit classique ne peut offrir. Exemple basique, un «toit vert» est un isolant thermique bien plus performant qu’un toit de tuile, d’ardoise de béton ou de gravier (dans le cas d’une terrasse). Le toit végétalisé protège l’intérieur du logement : il aide efficacement au maintient de la fraîcheur pendant les grandes chaleurs (en cas de canicule, voir ci-après, il faut quelquefois prévoir une irrigation pendant les pics de chaleur) et il  conserve la chaleur pendant les grands froids. Dans la maison, il fait plus frais en été et plus chaud en hiver.

 

La durée de vie du toit

La végétalisation améliore la durée de vie du toit. Elle constitue en effet une barrière de régulation contre les intempéries et offre une protection contre les chocs thermiques (pluie froide ou neige au contact des toitures chaudes) les variations de températures sont réduites (jusqu’à 40%) et les contraintes mécaniques fortement réduites. Ceci permet d’espérer une durée de vie de 30 à 50 ans pour la membrane d’étanchéité (par ailleurs protégées des UV du soleil direct).

 

Le tapis végétal contre
les bruits athmosphériques…

Le tapis végétal assure une diminution importante des nuisances phoniques. Si, par réverbération, les surfaces nues amplifient les nuisances acoustiques, la terre végétalisée, elle, absorbe la pollution sonore, notamment en environnement urbain. Selon le CTSB, un substrat végétalisé d’une épaisseur de 12 cm permet de réduire les bruits aériens de 40 décibels environ, ce qui change la vie près de l’aéroport, de l’autoroute, de la zone industrielle, de la gare ferroviaire, etc.

Sedum Evertop sedumevertopBac de sedum

Eaux de pluies :
amélioration et régulation de l’évacuation

Parmi les qualités avérées des toitures végétalisées, une des plus « spectaculaires » c’est sa capacité à retenir les eaux de pluie, jusqu’à 90% pour un substrat épais de 12 cm, évitant ainsi l’engorgement des réseaux d’évacuation. Certes on ne réduira en partie les risques d’inondations, provoqués par l’urbanisation intensive et anarchique des 70 dernières années, que lorsqu’une grande proportion des toitures sera végétalisée, dans le quartier, dans la ville, dans la région. Ce n’est pas pour demain… Cependant les toits végétalisés ont un rôle très profitable en matière de régulation des eaux de pluie. Ils épongent et retiennent les eaux pluviales, et les évacuent par évapotranspiration. En même temps, ils assurent un meilleur drainage et une réduction du ruissellement.

 

Les atouts écologiques des micro «éco-systèmes»

Les toitures végétales créent localement un véritable micro «éco-système» qui favorise la biodiversité en ville. Elles servent de refuge aux oiseaux et dans certains cas peuvent devenir un terrain nourricier pour les indispensables abeilles… (tout le monde a entendu parler des ruches et du miel de Paris).

 

Purification de l’air en ville et photosynthèse

Apport de verdure, en ville, en des lieux où la plantation d’arbres et d’arbustes conventionnels n’est pas envisageable, les toitures végétales stockent le CO2, permettent de réduire la pollution en absorbant le bioxyde de souffre, l’oxyde d’azote, le plomb… Grâce au phénomène de photosynthèse les plantes génèrent de l’oxygène en consommant le gaz carbonique. En augmentant l’humidité de l’air, elles bloquent et régulent naturellement le taux de poussières et particules fines grâce à la filtration de l’air des végétaux (notamment de la famille des sedums), et donc participent à la meilleure qualité de l’air.

 

La phase de végétalisation

Composition d’un «complexe» végétalisé

Le « millefeuille » est composé d’un ensemble de matériaux et plantes posés sur la surface porteuse d’un toit terrasse ou à faible pente. Il comprend : une couche d’isolation et pare-vapeur ; une couche d’étanchéité (une membrane faisant de plus office d’anti-perforation (des racines) ; une couche de drainage ; une couche de filtration retenant également le substrat ; le substrat lui-même qui se compose d’un mélange de compost, d’écorces et de pierres (pouzzolane volcanique par exemple) et d’une couche de terre végétale ; enfin les végétaux couvre-sol et résistants à la sécheresse et au gel.

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Trois types de culture pour les toitures végétalisées

1 - Les toitures végétalisées culture extensive

C’est la plus courante et la plus économique, elle concerne surtout l’habitat individuel. Elle est adaptée à quasiment tous les supports. Elle est constituée d’un tapis végétal permanent assez léger composé d’un choix limité de plantes comme le sédum.

La toiture végétalisée extensive, peut être installée sur une terrasse ou un toit plat de faible pente (inférieur à 30%). Le substrat est généralement d’une épaisseur de 6 à 15 cm et le poids de l’ensemble (éléments de la terrasse ou du toit compris) est de 60 à 100 kg par m2. Un entretien, une fois par an, est obligatoire, par un professionnel. En théorie, l’irrigation est inutile mais possible. Les sécheresses caniculaires sévères, n’affectent pas, dans nos régions, la santé de la couverture végétale mais elles peuvent altérer ses performances d’isolation… Enfin, un choix restreint, mais intéressant de végétaux, constitué essentiellement de plantes rampantes et couvre-sol, permet de réaliser des toits aux couleurs variées. Le sédum  très utilisé est une plante grasse couvre-sol de petite taille dont la caractéristique principale est d’être succulente c’est-à-dire qu’elle élabore des sucs lui permettant de résister à la sécheresse mais également au froid.

Il existe plusieurs systèmes de végétalisation extensive : un simple tapis couvre-sol, le multicouches (drainage + filtre + substrat) ou monocouche avec un substrat drainant, la pose de plaques alvéolaires, etc. Le choix est à opérer avec le paysagiste.

 

2 - La couverture végétale culture intensive

C’est un vrai jardin, on peut y circuler à pied voire en voiture. Cette technique «lourde» ne concerne pas la maison individuelle. On en trouve sur des bâtiments collectifs neufs, par exemple sur des garages souterrains, à condition que la construction soit étudiée et réalisée à cet effet. Spécifiquement Elle nécessite une expertise particulière pour sa conception et son implantation. Cette technique nécessite un arrosage régulier.

 

3 - La solution végétalisée culture semi-intensive

Elle permet une végétalisation décorative et variée  sans offrir toutes les variétés de l’intensive. Concernant des surfaces petites à moyennes, elle est adaptée à des habitats collectifs. Il lui faut un entretien fréquent. Un arrosage est nécessaire.

 

Harmonie
habitants-urbanisme-nature

Les toitures végétalisées et le contact avec des espaces verts contribuent positivement à l’harmonie habitants-urbanisme-nature et à rendre la ville plus «apaisante» et moins stressante.